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Ni dieux, ni maîtres.

Ca me convient très bien.

Pourtant, quand je suis sur un tapis, l’enseignant est mon maître. Il m’est arrivé que ce soit quelqu’un de moins expérimenté que moi. Mais dans tous les cas, si je monte sur le tapis, j’accepte de jouer son jeu. De suivre ses directives. Quitte à lui dire ensuite, au troquet du coin, qu’il a tout faux à mon avis ! Mais j’ai essayé, j’ai travaillé les formes qu’il (ou elle !) m’a indiqué et j’ai appris quelquechose.

Ni dieux, ni maîtres, je le revendique. Mais si je continue à tourner autour de mon irimi en prétendant que c’est LA FORME, je ne grandirai jamais. Et c’est valable pour tous, y compris les plus gradés. Par contre, si je regarde, si j’essaie, si je cherche dans toutes les (probablement mauvaises pour moi) directions que l’on me montre, j’ai des chances d’améliorer ma technique, de trouver la forme qui me convient.

Mais attention, je n’accepte l’enseignant pour maître que pendant le cours sur le tapis ! Dès que je quitte le tapis, c’est de nouveau, ni dieux, ni maîtres !

Luc


Keiko bien ordonné ...

Ni Dieu(x) ? soit ... mais a-t-on vraiment le pouvoir d’en décider ? Si Dieu existe, voila une question à laquelle il est impossible de repondre objectivement car, comme dirait Kant, comment concevoir avec un entendement fini ce qui est du domaine de l’infini ? la simple négation n’y conduit pas et la logique ne nous est d’aucun secours. On pourrait disserter sans fin à l’aide de raisonnements hypothético-déductifs, ce serait vouloir appliquer une méthode de résolution inadaptée dans le but de démontrer une vérité qui ne peut l’être. Mieux vaut, en ce cas, laisser notre coeur nous guider ...

Ni maître(s) ? eux, c’est différent ! ils sont présents partout dans notre sphère de perception immédiate. Mais qu’ont-ils de si différent ? apparemment, ils nous ressemblent puisque ce sont des êtres humains dotés a priori des mêmes capacités sensorielles que les nôtres ; même si, en général, ce sont bien plus souvent des hommes que des femmes. Alors de quelle différence s’agit-il ? en fait, la réponse est très simple, si l’on veut bien se limiter au côté matériel pour ne pas froisser les lamas : on ne naît pas maître, on le devient.

Malheureusement, voilà une vérité qui ne se suffit pas à elle-même et, à moins de s’appeler Miyamoto ou d’avoir la capacité de s’entraîner en solo, il nous faut bien prendre le chemin du Dojo pour aller trouver des Sensei, ceux qui sont nés avant, justement, et qui s’entraînent depuis de longues années après avoir trouvé eux-mêmes celui (ou celle) capable de transmettre les principes d’une discipline. Surgit bien sûr ici la difficulté essentielle : quand on débute une discipline, les principes on ne les connaît pas et souvent on n’est même pas encore capable de les percevoir. Alors finalement, mieux vaudrait encore croire en Dieu et prier pour qu’il nous fasse croiser des êtres d’exception ...

Heureusement pour nous, il reste une solution plus simple : aller soi-même rencontrer ceux dont les compétences semblent faire l’unanimité à l’extérieur des chapelles ... les chances de faire fausse route sont alors bien plus faibles et en général quand on les appelle Sensei, le coeur y est. Ensuite on est libre, ya plus qu’à pratiquer ...

Sylvie

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http://aikido.gudule.org/Sensei.html
publié le vendredi 6 juillet 2007
modifié le lundi 23 juillet 2007